200 mots pour parler les patois français pendant des vacances

Le patois local ne dépasse que très rarement les frontières. C’est vrai : peux-tu me dire plus de dix mots régionaux (qui ne viennent pas de ta région et sans chercher sur Internet) ? Et si lors de tes prochaines vacances tu essayais de parler le patois local. Faisons donc un voyage pour en apprendre quelques-uns. Cette liste est, bien sûr, non-exhaustive.

Appeler un Michel Morin à Bordeaux

A Bordeaux, un « drôle » n’a aucun rapport avec une personne qui a un sens de l’humour. Il s’agit en réalité d’un enfant. Si, au cours d’une conversation, on te dit « faire key », cela signifie qu’il faut faire attention. Mais rassure-toi, un séjour à Bordeaux, c’est « gavé » bien (trop bien), tu n’auras pas la « quinte » (être dégoutté) car ça ne « daille » pas (ça ne craint pas) et tu n’auras pas les « monges » (avoir peur). En cas de problème, tu pourras toujours appeler un « Michel Morin » (un homme à tout faire). Avant de partir et « d’aller au maille » (aller travailler), n’oublie pas de demander une « chocolatine » (pain au chocolat) pour la route.

Bonus :

Allé pareil : être d’accord
Avoir de la baille : avoir de la chance
Faignasse : quelqu’un de paresseux
Passer la since : passer la serpillière
Pignouf : personne grossière
Vergougnoux : honteux

parler bordelais

A tantôt en Normandie

Si tu passes des vacances en Normandie, tu peux dire « boujou » à la place de bonjour et tu peux compléter ta phrase par « Ati toi ? » (comment ça va toi ?). Si tu parles avec un vrai Normand, il est possible qu’il remplace le mot « très » par « rien ». Pendant ton séjour, si tu vois des animaux de compagnie, tu prononceras « qua » à la place de chat, « quin » pour un chien et « vac » pour une vache. Et en partant, tu pourras dire « à tantôt » au lieu d’à bientôt.

Bonus :

A la guilfoute : sans précaution
Entenre : entendre
Eune grêlaée : averse de grêle
Des Frines : des miettes
Ichin : ici
L’eau : la Seine
Maisi : maintenant
Ramaraer : réparer

parler normand

Beauseigne, il quitte Saint-Etienne

Connais-tu quelques mots en gaga ? Ce langage, qui n’est rien à voir avec la chanteuse, est le patois utilisé dans la région stéphanoise. Lorsque l’on a le plaisir de visiter le département de la Loire, on peut entendre quelques mots en gaga. D’ailleurs, chaque semaine, Le Progrès publie un article écrit en gaga. Ainsi, pendant un séjour dans le Forez (il faut prononcer foré et non forese), on peut rencontrer un « matru » (le dernier né). J’espère pour toi que tu ne tomberas pas sur un « minarat » (personne sale) et que tu n’auras pas le « babaud » (idées tristes) pendant ton séjour. En parcourant le centre-ville, tu pourras entendre « beauseigne » (peuchère) dans une conversation. Et si tu es « achiné » (attaché à quelqu’un), peut-être que tu quitteras plus la région et tu pourras enfin parler le patois local.

Bonus :

Abouser : tomber à plat
Décarrucher : trouver quelque chose
Faramelan : prétentieux
Gagaret : hébété
Lavorger : laver sans soin
Pichorgne : être difficile sur la nourriture
Sampiller : manipuler sans soin
Tarabate : bruyant, désordonné

le gaga

Clencher la porte en Lorraine

Lorsque tu iras en Lorraine, j’espère que personne ne mettra sa main dans « ta schness » (ta gueule) et qu’aucun Lorrain ne te dira que tu es une « quiche » (tu es nul). En revanche, tu auras l’occasion de bien « grailler » (manger) « entre midi » (entre midi et 2h). Si tu vas dans un centre commercial, n’oublie pas ton « cornet » (sac plastique) et met une veste car « ça caille » (il fait froid). En sortant dehors, n’oublie pas de « clencher la porte » (fermer la porte) et avant de rentrer, fais un détour dans une boulangerie pour savourer un « escargot » (un pain aux raisins).

Bonus :

Beugner : abîmer
Une clenche : poignée de porte
Mamailler : magouiller
Un schneck : pain aux raisins
Schlinguer : sentir mauvais
Un spatz : moineau ou petit oiseau
Un troc : bistrot

parler lorrain

Comme dit en Alsace

Lorsque l’on visite l’Alsace en été, on peut rencontrer des hommes avec une « finette » (un marcel). En passant des heures dans les rues des centres-villes, il n’est pas rare d’entendre « hopla » (allez), « ja » (oui), « comme dit », « merci vielmols » (merci beaucoup) ou « ils veulent du soleil » (il y aura du soleil). D’ailleurs, si quelqu’un éternue, il faut dire « Gsundheit ». Pendant ces vacances en Alsace, j’espère que tu ne verras pas de « frach » ou « frèch » (insolent). Il est possible de voir deux personnes se « faire un schmoutz » (faire un bisou). Et si tu sors, n’oublie pas de « monter ta tirette » (monter ta fermeture éclair).

Bonus :

Bis bàll : à bientôt
Être schlass : mou, fatigué
Kopfertami : exprimer son mécontentement
Une schlopp : une pantoufle
Spritzer : gicler, vaporiser
Ou bien ? : n’est-ce-pas ?

parler alsacien

Etre un lichou en Bretagne

En arrivant chez ton hôte breton, peut-être qu’il te saluera en te souhaitant « degemer mat » (bienvenue). Et lorsque tu feras ce voyage en Bretagne, tu ne pourras pas résister à une crêpe, car tu es un « lichou » (gourmand) et tu mangeras peut-être comme une « gouelle » (goinfre). En levant ton verre de cidre, n’oublie pas de lancer un « yec’hed mat » (santé/à la vôtre). Après avoir fait la fête, le lendemain, tu seras dans le « lagen » (gueule de bois) et tu pourras te réveiller avec les cheveux qui partent en « distribil » (en vrac).

Bonus :

Un bara : un pain
Une chouille : une soirée, une fête
Glas : bleu, vert
Gwenn : blanc, noir
Gregachiñ : baragouiner
Kreiz-kêr : centre-ville
Montmat a ra ? : ça va ?
Une binouz : une bière
Ti-debrin : restaurant

parler breton

Laver la place à Nantes

Lorsque l’on parle avec un Nantais pur-beurre, il peut nous dire « j’embauche à 8h et je débauche à 17h » (je commence le travail à 8h et je termine à 17h). Après sa journée, peut-être qu’il va « laver la place » (faire le ménage). J’espère que lorsque tu iras visiter Nantes, il ne « mouillera » pas (pleuvra) et que tu ne seras pas « guené » (trempé). Si tu entres dans un bâtiment administratif, tu seras peut-être surpris en attendant « conservez, s’il vous plait » (patientez, s’il vous plait). Surtout ne finis pas ta soirée « beurré comme un petit Lu » (saoul) car le lendemain, tu auras du mal à t’en remettre. Et en partant, si ton hôte te dit « à la revoyure », cela signifie à la prochaine.

Bonus :

Bernique et pompon : je m’en moque
Bourrier : la poussière
Une chopine : un pichet de vin
Un crayon de bois : un crayon à papier
Crébillonner : faire du lèche-vitrines
Être rendu : être arrivé
Rififi : du bazar
Tantôt : l’après-midi
Tuer la lampe : éteindre

parler nantais

Le ch’timi : je te dis quoi

On se rappelle tous des mots « biloute » et « tiot » (petit), employés dans le film « Bienvenue chez les Ch’tis ». Mais, le ch’timi est un langage assez riche. Lorsque l’on visite le noooord pendant plusieurs jours, il y a de fortes chances qu’il « drache » (pluie battante). Mais, même sous la pluie et malgré la fraîcheur, le nord reste une destination chaleureuse. Le matin, en allant à la boulangerie, on peut demander un « petit pain », c’est le pain au chocolat. Plus tard, dans la journée, il n’est pas rare d’aller dans un café et d’entendre quelques expressions locales : « je te dis quoi », cela signifie je te tiens au courant ; ma « loute » est une jeune femme ; « quinquin » est l’enfant et « bequot » veut dire bisou. Et avant de repartir de cette région, on peut « braire » (pleurer), un peu comme dans le film de Dany Boon.

Bonus :

A toute berzingue : à toute vitesse
Avoir bon temps : être bien
Biture : ivresse
Ete tout péteux : être honteux
Que babelle ! : quel bavard
Maboule : imbécile
Une parlotte : une conversation
Une tape : une table

le chtimi

Le parler Nice : Issa Nissa

Lorsque l’on visite Nice, il est rare d’entendre quelques mots nissards, sauf si l’on se balade dans la vieille-ville. J’espère pour toi que personne ne t’appellera « badagou », c’est l’idiot du village. En revanche, si un Niçois surnomme ton enfant « chichou », c’est un terme affectueux. Un peu plus tard dans la journée, tu peux rencontrer des « ficanas » (commères). Un vrai Niçois te dira alors « Méfi » (fait attention). Au cours de ta balade, ne fait pas le « ratchou » (radin). Le soir, après avoir fait du « boucan » (bruit) dans le stade et entendu « Issa Nissa » (En avant Nice), il est possible que la table « pègue » (colle) lorsque tu seras dans au bar. Et si tu rentres tard de cette soirée, tu pourras voir des personnes « empéguées » (saoules).

Bonus :

A si reveire : au revoir
Les Brailles : les pantalons
Escagassé : éreinté
Falabraque : bon à rien
Un garri : un rat
Ficanas : curieux, fouineur
Porca Petan : bordel de merde
Stoufe : en avoir marre

Parler niçois

Manger une chocolatine à Toulouse

A Toulouse, comme à Nice et Marseille, on emploie le mot « péguer » pour dire lorsque quelque chose colle. Mais contrairement à ces deux autres villes du sud de la France, on ne dit pas pain au chocolat, mais « chocolatine ». D’ailleurs, il existe un championnat de France de chocolatine. Si tu prends un taxi après ton arrivée en gare, le chauffeur ouvrira la « malle » (coffre de la voiture). Et j’espère pour toi qu’il ne te fera pas « caguer » (ne t’embêtera pas) durant ton voyage en taxi, car tu auras peut-être la « cagne » (la flemme) de lui parler. Et si tu n’arrives pas à trouver un taxi à cause d’un retard de train de plusieurs heures, tu pourras dire « c’est le pompon sur la Garonne » (cerise sur le gâteau). Durant ton séjour à Toulouse, si tu vas faire les courses, ne dit jamais sac en plastique, mais « poche ». Et si la vendeuse te dit « adiou », cela signifie bonjour ou au revoir.

Bonus :

Aller péter : aller quelque part
A m’en donné : à un moment donné
Le bartas : le bas-côté
Bonnard : agréable
Boudu : con
Mascagner : s’y prendre maladroitement
Une Mirgue : une souris
Une Rèche : une chute
Taquet : coup de poing

parler toulousain

Ne pas faire le fada à Marseille

Alors que « dégun » (personne) se trouve dans le Petit Robert, certains autres mots typiquement du sud de la France ne font pas encore partie des différentes éditions du Larousse et du Petit Robert. Ainsi, lorsque l’on passe quelques mois, voire quelques années sur la Canebière, il n’est pas rare de croiser un « fada » (fou), une « cagole » (jeune fille en tenue provocante) ou quelqu’un qui « fait le mariole » (qui se vante). Même en visitant Marseille durant quelques jours, on peut entendre des expressions typiques comme « marronner » (râler), « emboucaner » (chercher la bagarre ou puer), « faire une cagade » (rater quelque chose). Et si tu souhaites surprendre vos hôtes pendant tes vacances, le « cagnard », c’est lorsqu’il fait très chaud et « bader » signifie aimer.

Bonus :

Balès : costaud
Encaper : avoir de la chance
Etre dans la panade : avoir des ennuis
Faire les commissions : faire les courses
Morfale : affamé
Pastisser : salir
Tarpin : beaucoup
Toti : imbécile

Parler marseillais

Si ça tombe en Champagne

Si tu passes des vacances en Champagne, tu iras peut-être assister à un spectacle des Ramounis. Ce groupe de folklore ardennais propose un spectacle en patois local. En allant t’asseoir, j’espère que tu ne te « beugneras » pas (se cogner) et si tu bois du champagne, ce sera dommage de « s’entrucher » (avaler de travers). Peut-être qu’en mangeant, tu utiliseras une « papinette » (cuillère en bois). En partant marcher après cette soirée, n’oublie pas tes « targettes » (chaussures). Et « si ça tombe » (si ça se trouve), tu souhaiteras revenir visiter la Champagne et parler le patois local.

Bonus :

Avoir les bloquets : avoir des courbatures
Ferloque : un objet sans valeur
Les Galipes : les vignes
Mahonner : marmonner
Menteries : mensonges
Patasser : piétiner
S’accouver : s’accroupir
Verder : projeter

parler champenois

Visiter Lyon et rencontrer des gones

En partant visiter Lyon (j’ai consacré un article aux visites incontournables pour une première fois à Lyon), on ne peut pas passer à côté des fameux bouchons (ces restaurants typiques lyonnais), pour peut-être manger du « caillon » (cochon). Si tu as faim, tu peux savourer une « bugne » (un beignet). Peut-être que lors de ton séjour dans la capitale des Gaules, tu vas passer par une « traboule » (ces passages aménagés entre deux rues à travers d’un immeuble). Si tu as de la chance, tu peux aller à une « vogue » (fête foraine) et ce sera l’occasion de rencontrer de nombreux « gones » (petits). Espérons que personne ne te prenne pour un « ganais » (idiot) car tu pourrais le « bugner » (frapper).

Bonus :

Chougner : pleurer pour rien
Faganat : odeur nauséabonde
La latche : la honte
Un mâchon : un copieux repas matinal
Poukav : dénoncer
S’la racler : se la péter
Un trépané : un sot
Une vago : une voiture

parler lyonnais

[Source photos : Pixabay]

6 réflexions sur “200 mots pour parler les patois français pendant des vacances

  1. Merci pour ce voyage en France par les mots 🙂

    Ici, en Savoie, quand on fait le ménage, on passe la panosse (serpillère). Une fois que c’est propre, on peut partir dré (tout droit) acheter du Beaufort à la fruitière (laiterie coopérative locale), pour mettre dans la polente (semoule de maïs, parfois appelée polenta dans les auitres régions de France).
    Bon appétit !

    J’ai programmé un partage de ton article sur la page Facebook de mon blog.

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  2. En tant que francilienne, ça fait tout drôle de voir certains mots que j’utilise (comme il faut, heureusement), sans savoir que ce sont des termes de différents patois de France métropolitaine. Il ne manque plus que les différents créoles français et on est bon 😉

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